Quand le plastique envahit les océans

13 avril 2010 par murielle.oriol
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Un septième continent

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Un « 7ème continent » s’est créé entre les côtes d’Hawaii et de l’Amérique du Nord à partir de millions de tonnes de détritus plastiques charriées par des courants océaniques.
Dans cette région du globe, les courants, tournant dans le sens des aiguilles d’une montre, créent une spirale interminable, accumulant les déchets venus des côtes ou de bateaux et les entraînant progressivement vers son centre en une concentration majoritaire de plastiques estimée à 3,5 millions de tonnes !

Selon des calculs de l’AMRF (Algalita Marine Research Foundation), la superficie de cette plaque de détritus a triplé entre 1997 et aujourd’hui et pourrait encore être multipliée par dix d’ici à 2030. Aujourd’hui nous comptons 6 tonnes de plastique pour une tonne de plancton !
Quelques chiffres : Environ 85% des espèces de tortues marines avalent fréquemment des sacs plastiques, qui leur occasionnent des occlusions intestinales souvent mortelles.
Aux Etats-Unis, une étude de 2004 précise que 50% du plastique produit est mis en décharge, 20% transformé en biens à longue durée de vie, et 5% est recyclé. Interrogation sur les 25 % restants, soit 12,5 millions de tonnes ? Et bien, ils échappent à la statistique, ce qui signifie qu’une bonne proportion doit terminer sa course dans l’Océan !
Il existe une vingtaine de plastiques qui sont tous des polymères, c’est-à-dire de très longue chaînes de molécules carbonées élémentaires. Les principaux sont le polyéthylène (PET), le polypropylène, le chlorure de polyvinyle (PVC) et le polystyrène. En 2007, les 52 millions de tonnes de plastique fabriqué dans l’Union Européenne ont été employés dans l’emballage, 37% ; le BTP, 21% ; l’automobile, 8% ; l’électronique, 6%. Reste 28% de « divers », du matériel médical au jouet.

Des détritus qui empoisonnent toute la chaîne alimentaire !

plastique2Le GPGP “Great Pacifique Garbage Pack”
Nappe de détritus dérivants dans l’Océan

La vie marine étouffée par nos déchets… Les plastiques représentent plus de 80 % des déchets en mer. Sous l’effet du rayonnement ultraviolet et du ressac, les gros objets se fragmentent et se dégradent en micro particules formant une sorte de sable plastique non ingérable par l’organisme. Des études ont démontrés qu’aujourd’hui ces particules entrent majoritairement dans la composition des sédiments de nos plages prenant alors l’apparence de nourriture. Impossible à digérer, elles s’accumulent dans les estomacs des poissons et des oiseaux marins qui finissent par mourir de malnutrition.
Mermaid’s tears ou larmes de sirènes : Poétique appellation pour nommer les micro billes de plastiques de 5 mm investissant nos océans et littoraux. Matière première pour la fabrication de plastique ou résidus de déchets ménagers fragmentés au fil du temps.. Si le plastique n’est pas ingérable par l’organisme, les molécules des additifs du plastique , vecteurs de nombreux polluants chimiques, franchissent les barrières biologiques.
ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines dans des proportions de plusieurs millions de fois supérieures à la normale, comme le DDT (dichlorodiphénychloréthane, un pesticide) ou le PCB (polychlorobinphényles), des produits extrêmement toxiques. Greanpeace a recensé au moins 267 espèces marines gravement affectées par ce genre d’intoxication.