Les habitats préférentiels des cétacés en Méditerranée

15 mars 2011 par murielle.oriol

Les trois types d’habitat

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De la même manière que pour un massif montagneux, où les différents étages d’altitude sont associés à des habitats distincts caractérisés par une végétation et une faune particulière, en mer les principaux types d’habitats sont déterminés par la profondeur de l’eau.

Le plateau continental

est déterminé par de faibles profondeurs (<100-200 m) et est abusif dans de nombreuses régions de Méditerranée où ce domaine peut être de très faible étendue (comme à proximité de Nice).

Le talus continental

un peu plus loin vers le large est une zone de transition de profondeur dont la morphologie varie beaucoup (pentes modérées ou fortes avec 50 voire 100 m par km). Le talus continental plonge des profondeurs faibles vers les zones profondes (2000 à 3000 m) du domaine océanique.

Le domaine océanique

est très étendu en Méditerranée, une mer dont la profondeur moyenne est de 1438 m, sauf dans quelques mers régionales comme l’Adriatique ou la mer Egée. Il est formé d’une plaine abyssale dans le bassin occidental alors qu’en mer Tyrrhénienne il est très accidenté (montagnes sous-marines) et en mer Ionienne il forme une vaste cuvette.

Les cétacés vont peupler ces zones en fonction de leurs préférences alimentaires !

Le plateau continental

abrite une faune de proies accessibles aux cétacés aussi bien sur le fond (seiches, poissons) que vers la surface (poissons), il constitue le lieu de reproduction privilégié de nombreuses espèces comestibles, comme les anchois ou les sardines, des céphalopodes, des crevettes. La faible profondeur permet aux cétacés d’exploiter la biomasse dans sa totalité, avec la présence de delphinidés comme le Grand dauphin ou encore le Dauphin commun. Seulement ce plateau continental est très exploité par l’homme (pêche, courses d’engins rapides, trafic maritime).

Le talus continental

est un habitat qui constitue une zone de transition étroite entre les deux autres domaines, mais il est le siège de phénomènes hydrologiques spécifiques (courants verticaux) qui le rendent parfois plus riche que le domaine océanique voisin. En Méditerranée, le talus est toujours un habitat favorable pour les cétacés et on peut y rencontrer toutes les espèces. Certaines espèces de poissons, comme le merlu ou le merlan bleu y sont présentes, mais le talus est également une zone prisée par les calmars. Sur la partie supérieure du talus (profondeur<500 m), le fond et ses proies sont accessibles à nombre d’odontocètes tels que les dauphins de Risso, les dauphins bleu et blanc. La partie profonde du talus est, elle, accessible aux grands plongeurs tels que les cachalots, les ziphius et les globicéphales.

Le domaine océanique

(ou plaines abyssales) fonctionne, lui, sur un mode pélagique. Pour les cétacés, aucune espèce ne peut constamment plonger jusqu’à 2000 m et plus, donc la totalité des proies doit être localisée et capturée en pleine eau. Le fonctionnement de l’écosystème océanique est ainsi marqué par une alternance nuit-jour, à laquelle participe des cétacés, à la poursuite de leurs proies, tels que les rorquals communs et le krill, les dauphins bleu et blanc et les petits calmars, les globicéphales et les grands calmars. Chez ces espèces, la prédation est majoritairement nocturne. Seul le Cachalot a dans cet habitat la faculté de chasser jour et nuit de manière égale, en raison de ses performances de plongée (45 min à plus de 1000 m).