Les cétacés : de fabuleux plongeurs

15 juillet 2011 par murielle.oriol

Petits et grands plongeurs

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Si tous les cétacés sont de bons plongeurs, leurs performances varient fortement d’une espèce à l’autre.
En effet, les cachalots et les hyperoodons sont les plus grands  » apnéistes  » puisqu’ils peuvent rester immergés jusqu’à 2 heures ! Le temps de plongée n’atteint que rarement 40 min pour les rorquals, 15 min pour les grands dauphins et 3 min pour le dauphin commun.

La sonde du cachalot

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La sonde désigne la phase de plongée pour les cétacés. La sonde du cachalot peut être divisée en 3 phases : la descente, presque verticale ; la recherche de proies, lorsqu’il atteint sa profondeur dite  » de prédation  » ; et la remontée vers la surface. Les analyses acoustiques réalisées par le Groupe de Recherche sur les Cétacés basé à Antibes démontrent une vitesse de 110 m/min en moyenne, suggérant ainsi que le cachalot commence son activité de prédation lorsqu’il atteint une profondeur avoisinant les 700 m. Au cours de chaque cycle de sonde, les cachalots effectuent des déplacements importants, parcourant une distance de plus de 1 mille nautique en moyenne et suivant une direction constante.

La plongée et les accidents de décompression

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Certains cétacés, particulièrement les cachalots plongent à des profondeurs phénoménales (plus de 2 000 m et peut-être jusqu’à 3 200 m), où ils sont soumis à des pressions colossales. Comment évitent-ils les accidents de décompression ? Pour l’oxygène, deux hypothèses existent :

premièrement, l’augmentation des réserves avec des taux de myoglobine musculaire (protéines qui transportent l’oxygène vers les muscles) extrêmement élevés, donnant une couleur très foncée aux muscles ;

deuxièmement, au cours de la plongée, la consommation d’oxygène est diminuée (limitée aux organes vitaux, cerveau et cœur).

La régularisation de la flottabilité

La flottabilité de la plupart des cétacés en mouvement est légèrement négative. La densité corporelle d’un animal marin s’accroît avec la profondeur, au fur et à mesure que l’air des poumons se comprime. Ce phénomène, sans importance pour la majorité des espèces, devient crucial pour celles qui descendent très bas, comme les cachalots. Le trait le plus frappant du cachalot est cette énorme tête qui peut faire le tiers de son corps. Elle contient une masse de tissus adipeux, le spermaceti. Selon le biologiste Malcom Clarke, cette graisse liquide pourrait jouer le rôle de régulateur de flottabilité. L’accroissement progressif de sa densité au cours de la descente de l’animal dans les profondeurs réduirait la flottabilité du cachalot et faciliterait ainsi la poursuite des calamars géants.

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