La réhabilitation des dauphins captifs

14 mars 2010 par murielle.oriol

Dans les années 1960, le succès planétaire du feuilleton « Flipper le Dauphin » a été à l’origine du développement de la captivité à grande échelle.
Les promoteurs profitèrent de ce nouveau marché pour construire des delphinariums, un peu partout dans le monde, le public désirant voir le célèbre cétacé de près. Quelques personnes ont travaillé sur la problématique de la réhabilitation des dauphins captifs et Richard O’Barry est l’un des plus célèbres !

Les conditions d’une réhabilitation réussie (selon Richard O’Barry)

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Ric O’Barry s’est rendu compte que la détention et l’entraînement des dauphins étaient néfastes, lorsque Cathy, dernier Flipper de la série, mourut dans ses bras. L’ex-entraîneur de la célèbre série américaine « Flipper » consacre dès lors sa vie à la réhabilitation des dauphins dans leur milieu naturel, et ceci depuis 28 ans. Dans la mesure où chaque dauphin est extrêmement différent des autres, parvenir à en réintroduire un dans son habitat naturel s’avère difficile. Mais il faut savoir que l’on ne peut pas relâcher n’importe quel dauphin, car il est nécessaire que celui-ci soit en bonne santé, capable d’attraper le poisson vivant, et qu’il ait de bonnes capacités défensives face aux prédateurs. Certains dauphins ont tellement été imprégnés par l’homme qu’ils en ont oublié les qualités nécessaires pour survivre en mer. Le dauphin va devoir perdre les comportements acquis tels que la récompense après un spectacle. L’une des plus importantes missions d’un programme de réhabilitation est de réapprendre aux dauphins à se nourrir par eux-mêmes, uniquement de poissons vivants. Le suivi des dauphins est une phase très importante de la réhabilitation, car on peut observer leurs déplacements, leurs comportements, leurs rencontres avec d’autres individus. Les dauphins développeront progressivement leur propre stratégie de vie et retrouveront la « vraie vie sauvage ».

Constat amer ! (selon SOS Grand Bleu)

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De nombreuses associations se sont manifestées en dénonçant les conditions de vie déplorables des dauphins en captivité, ainsi que l’hécatombe au niveau des captures. Certaines se sont mobilisées pour essayer de réhabiliter des dauphins captifs. Malheureusement, après 30 ans d’expérience, le constat est amer et on observe que les dauphins bien trop imprégnés par l’homme, ont perdu leurs instincts naturels et n’arriveront pas à retrouver la liberté. Ce fut le cas des dauphins de l’armée américaine, relâchés par Ric O’Barry, qui étaient revenus à l’endroit même où ils avaient été remis en liberté. Ce fut également le cas de « Stéphania », l’héroïne du feuilleton (avec Ric O’Barry et Umberto Pellizari), qui a refusé de partir… Dernièrement, Keiko, le héros du film « Sauvez Willy » est mort, ceci après de nombreuses péripéties et beaucoup d’argent dépensé ! Il avait réussi à se réapproprier son environnement, elle s’alimentait seule et rejoignait de temps en temps des groupes d’orques sauvages. Néanmoins, la présence de l’homme (pêcheurs, touristes trop curieux…) était défavorable pour une parfaite réhabilitation. Le destin en a décidé autrement et Keiko est morte en décembre 2003 d’une infection pulmonaire suraiguë, type d’infection fréquent chez les cétacés sauvages comme les cétacés captifs. Des erreurs ont été commises dans le processus de réhabilitation de Keiko, comme la présence d’une équipe de 80 personnes qui ne pouvait en aucun cas lui permettre de se désaccoutumer de l’homme !

Conclusion

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On observe à quel point la réhabilitation des dauphins captifs dans leur milieu naturel est aléatoire voire même impossible ! La solution est indéniablement la fermeture définitive des delphinariums existants comme cela est le cas en Angleterre, ainsi que l’interdiction de construction de nouveaux centres de captivité, ce sur quoi SOS Grand Bleu s’est toujours battu. Une deuxième solution consisterait à trouver un espace assez vaste en mer (une zone très poissonneuse), un lieu inaccessible à l’homme afin que les dauphins puissent oublier sa présence. Ils auraient ainsi le maximum de chances de retrouver leur instinct de chasseur. Cette solution n’est pas utilisée car elle nécessite des moyens financiers trop importants et reste actuellement utopique. SOS Grand Bleu ne peut que rester très vigilant concernant la construction de delphinariums en Europe. C’est son combat depuis plus de quinze ans…