OCEAN 2012 : SOS Grand Bleu rejoint la coalition !

7 juin 2011 par murielle.oriol

OCEAN 2012 ?

OCEAN2012 est une alliance d’organisations ayant pour objectif la transformation de la politique européenne de la pêche, afin de mettre un terme à la surpêche et aux pratiques de pêche destructrices et pour assurer une utilisation Juste et équitable de ressources halieutiques en bon état.

Soucieux du devenir de la pêche, il était primordial de rejoindre cette coalition européenne visant à stopper la surpêche, mettre fin aux pratiques de pêches destructives et assurer une utilisation juste et équitable de ressources halieutiques en bonne santé. Le 18 mars dernier, lors d’une réunion sur Paris, nous avons fait connaissance avec l’organisation et les membres français. Il a été demandé à chaque membre de réaliser un document sur la pêche, un témoignage sur l’évolution de la pêche… Nous avons ainsi proposé à la coalition :

  • la réalisation d’un livret sur « la disparition des pêcheurs à Saint-Jean-Cap-Ferrat » : La disparition des pêcheurs
  • le recueil de témoignages auprès des écrivains qui participent au festival « Courant d’Ere » qui se déroulera les 25 et 26 juin prochains,
  • la mise en œuvre d’une petite vidéo (témoignages des pêcheurs locaux).

L’organisation OCEAN 2012 remettra prochainement l’ensemble des documents produits par ses membres au Ministres des pêches européens afin que la dimension environnementale soit enfin prise en compte dans la politique de la pêche !

La pêche européenne en crise

Des décennies de pêche intensive dans les eaux européennes ont entraîné un déclin considérable des ressources halieutiques autrefois abondantes. Actuellement, on estime que 80 % de tous les stocks de poissons recensés sont surexploités et que plus de 30 % de ceux-ci font l’objet d’une pêche qui ne respecte pas leurs limites biologiques menace leur avenir même. La politique commune de la pêche (PCP) de l’union européenne (UE) n’est pas parvenue à empêcher la surpêche. En l’espace de 25 ans, les intérêts économiques à court terme et l’opportunisme politique ont plongé la pêche européenne dans une crise profonde.

Une surpêche chronique fait que les zones de pêche sont moins productives, ce qui entraine la diminution progressive des emplois et des moyens de subsistance. Les poissons pêchés sont plus petits et moins nombreux, leur capture demande un effort plus important et, par conséquent, d’autres espèces parfois bien plus vulnérables sont ciblées à la place.

La troisième réforme de la PCP. prévue en 2012, est l’occasion de rendre la pêche européenne économiquement, socialement et écologiquement durable, 11 est urgent d’enfin mettre un terme à la surpêche et aux pratiques de pêche destructrices afin de mettre en place une utilisation juste et équitable des ressources pour les générations futures. D’autres textes de la législation communautaire vont dans le même sens. Par exemple, la directive cadre Stratégie pour le milieu marin a pour but de parvenir au bon état écologique des mers européennes en s’assurant que :

  • les limites biologiques des populations de poissons et de coquillages sont bien respectées, indiquant une répartition par âge et par taille de la population propre à des stocks en bonne santé ;
  • et que tous les éléments des chaînes alimentaires marines interagissent pour favoriser l’abondance des espèces sur le long terme, ainsi que le maintien de leur pleine capacité de reproduction.

Une réforme fondamentale de la PCP et de sa mise en œuvre est donc indispensable pour atteindre ces objectifs.

L’échec de La PCP

L’incapacité à régler le problème de la surpêche est essentiellement due à une absence de volonté politique. En 2007, la Cour des comptes européenne a jugé que la PCP n’a pas atteint son objectif principal, à savoir la gestion durable des ressources aquatiques vivantes. L’échec est particulièrement patent dans les domaines suivants :

  • La surcapacité : on estime que certains segments de la flotte européenne ont une capacité de deux à trois fois supérieure à ce qui est nécessaire pour respecter les quotas de pêche en vigueur. Cela a plusieurs conséquences: surpêche, pêche illicite et pression politique sur les ministres de la Pêche des États membres de l’UE pour qu’ils fixent des quotas de pêche supérieurs à ce que préconisent les scientifiques. Les efforts mis en œuvre pour limiter la capacité des bateaux de pêche ont jusqu’à présent échoué et n’ont pas obtenu les résultats annoncés.
  • Des quotas de capture trop laxistes : en dépit d’une tendance à la baisse, ces dernières années, les limites de capture établies étaient 46 % plus élevées que ce que recommandent les scientifiques. En 2009, dans le Golfe de Gascogne et les mers de l’Atlantique ibérique, les quotas ont dépassé les recommandations scientifiques de 55 % en moyenne. Dans l’ouest de l’Ecosse, en mer d’Irlande et en mer Celtique, les quotas dépassaient les recommandations scientifiques de 49 %. Pour 2010, les quotas étaient fixés en moyenne à 34 % au-dessus des recommandations scientifiques.
  • Le prix du poisson est doublé : l’UE continue d’accorder des subventions pour la modernisation de la flotte, plutôt que de se concentrer sur la limitation de cette surcapacité ou d’investir dans des pêcheries plus durables. Dans plusieurs États membres, on estime que le coût de la pêche dans les budgets publics dépasse la valeur totale des captures, lien résulte que nous payons deux fois notre poisson, une première fois par le biais de ces subventions et une seconde fois lorsque nous l’achetons.

 

Les faits : les réalités de la surpêche

  1. Le cabillaud de mer du Nord atteint l’âge de frai vers quatre ans environ. L’âge moyen des cabillauds pêchés en mer du Nord est de 1.6 an, pour un poids moyen de 1 kg. Les scientifiques estiment que 93 % des cabillauds de mer du Nord sont pêchés avant des pouvoir se reproduire.
  2. Le thon rouge de l’Atlantique, l’un des plus gros et des plus rapides prédateurs de l’océan, est menacé d’extinction commerciale en raison de sa surpêche.
  3. En 2010, on estimait que l’UE devait importer 48 % de produits issus de la pêche.
  4. Le total des débarquements des pêcheries de l’UE de l’Atlantique nord-est et de la Méditerranée a diminué de 30 % au cours de 10 dernières années.
  5. On estime que la flotte de l’UE a la capacité de pêcher deux à trois fois l’équivalent d’un niveau de pêche durable.
  6. Certaines espèces sont extrêmement vulnérables à la surpêche. C’est le cas plus spécialement des espèces qui ont une croissance lente et une maturité tardive, comme les raies, les requins et la plupart des espèces des profondeurs. Près d’un tiers des espèces de requins recensées dans les eaux européennes sont classées comme menacées par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

L’influence mondiale de l’UE

L’UE exerce une très grande influence sur la gestion de la pêche mondiale, ce qui lui confère une responsabilité considérable. Sa flotte est la troisième au monde en terme de taille, et elle opère sur tous les océans du monde. L’UE est le plus grand importateur de produits de pêche, avec près de 50 % de ses produits issus de la pêche L’UE pourrait donc promouvoir es pratiques durables chez elle comme à l’étranger. Au lieu de cela, l’importance des importations et des activités de pêche en dehors des eaux européennes signifie que les conséquences de la surpêche sont exportées et affectent souvent des communautés côtières dépendant des poissons pour subsister.

2012 – Une chance à saisir

La réforme de 2012 de la PCP arrive à point nommé pour instaurer une nouvelle politique qui puisse mettre un terme à la surpêche et aux pratiques de pêche destructrices et assurer une utilisation juste et équitable de stocks de poissons abondants.

OCEAN2012 s’engage pour une PCP qui :

• consacre la durabilité environnementale comme principe fondamental sans lequel il est impossible de parvenir à un développement économiquement et socialement durable ;

• garantisse que les décisions sont prises au niveau le plus approprié et de manière transparente et que les parties prenantes puissent effectivement y participer ;

• instaure une capacité de pêche durable à l’échelle régionale et garantisse que les financements publics sont utilisés uniquement de manière à servir l’intérêt public été alléger les impacts sociaux de la transition vers des pêcheries durables.