Des échappées pas si belles

1 mars 2010 par murielle.oriol

L’émission « échappées belles », diffusée sur France 5, propose aux téléspectateurs de découvrir les richesses d’un pays ou d’une région. Cette émission originale est présentée par l’animatrice, Mme Sophie Jovillard. Malheureusement, l’animatrice est tombée à deux reprises dans le piège de la captivité pour nager avec des dauphins.

L’émission « échappées belles », diffusée sur France 5, propose aux téléspectateurs de découvrir les richesses d’un pays ou d’une région. Cette émission originale est présentée par l’animatrice, Mme Sophie Jovillard. Dans l’ensemble, les excursions proposées sont respectueuses de la nature.

Malheureusement, l’animatrice est tombée à deux reprises dans le piège de la captivité pour nager avec des dauphins. Dans le premier reportage sur la Floride, elle visite le parc aquatique Discovery Cove près d’Orlando où il est possible de nager dans un bassin en compagnie de dauphins (émission du 11 avril 2009). Dans le second reportage sur les Bahamas, l’animatrice s’embarque avec l’équipe d’Unexso qui propose aux visiteurs une autre expérience : nager avec deux dauphins dressés en pleine mer (émission du 25 avril 2009).

Pour un prix exorbitant, les programmes de « nage avec les dauphins » dans un parc d’attractions proposent au client une heure de baignade avec les animaux dont il dispose à son gré. Au programme, contacts prolongés et jeux divers. Le dauphin devient un jouet. Ce business marche et ses promoteurs utilisent le filon en surfant sur la popularité des dauphins. Devant le succès financier de ces attractions, les bénéfices font vite oublier aux promoteurs les risques d’une telle activité pour le bien-être du visiteur et celui de l’animal.

Dans le reportage sur les Bahamas, la liberté des dauphins semble réelle. Mais il s’agit en fait de semi-captivité où les dauphins sont prisonniers. En effet, dès lors qu’ils ont été capturés, les cétacés, dissociés de leur structure sociale, sont sans repères et vulnérables. Ils deviennent totalement dépendants de l’homme. C’est pour cette raison que les animaux ne s’enfuient pas au cours des sorties en mer. Les visiteurs de ces « nouveaux delphinariums » sont trompés par ces mises en scène et le discours hypocrite des organisateurs. Aucune information sérieuse n’est donnée sur la vie des animaux ou sur la protection de la nature.

Pour toutes ces raisons, il est regrettable qu’une émission de qualité comme « échappées belles » sombre dans la promotion de pratiques immorales. La meilleure façon de connaître les cétacés est d’aller observer les individus sauvages dans leur milieu naturel. Chaque année, dans le monde entier, des millions de personnes participent à ces sorties en mer appelées whale-watching. Les personnes apprennent beaucoup et les animaux sont libres. Je propose à Mme Sophie Jovillard, de faire connaître le whale-watching lors de l’une de ses prochaines destinations et de ne plus cautionner les zoos marins ou la semi-captivité des dauphins.

Stéphane Né – www.cetaces-et-voyages.com