Expédition MED : pour sauver les mers et les océans des déchets plastiques !

8 juillet 2016 par murielle.oriol

Face à la plastification des océans, les citoyens européens appelés à se mobiliser.

Chaque seconde qui passe, 412 kilos de déchets sont jetés dans les mers du globe. Ils y rejoignent les quelques 268 000 tonnes déjà présentes en surface sous la forme de micro-fragments selon une récente étude faisant la synthèse de vingt-quatre expéditions dans l’océan mondial.

Je signe la pétition : http://www.expeditionmed.eu/fr/category/agir-avec-nous/je-signe-la-petition

Les cinq grands gyres (courants océaniques circulaires) de la planète se sont chacun transformés en grande zone d’accumulation de déchets, surnommée à tort « septième continent de plastique ». Il s’agit bien plus d’une soupe plastique où l’on dénombre par endroits autant de micro-fragments de plastique que de plancton. On trouve des rapports plancton/plastique du même ordre en Méditerranée, où le partenaire historique d’Expédition MED, le Laboratoire Océanographique de Villefranche sur mer (LOV), révèle des concentrations de micro-plastiques près de Nice et Cannes allant jusqu’à 580 000 particules au km2. Ces constats ont conduit des chercheurs à donner à la Grande Bleue la triste appellation de « sixième grande zone d’accumulation de déchets marins au monde ».

Conséquence de cette surabondance de déchets : la mort, chaque année, d’un million d’oiseaux de mer et de 100 000 mammifères marins[i], qui sont piégés par des filets ou des déchets plastiques, étouffés ou incapables de se nourrir en raison de ceux qu’ils ingèrent par confusion. (plus d‘infos : Les enjeux de la pollution par les déchets plastiques)

Le plastique est dans la mer, mais il est aussi dans nos organismes ! Les amateurs de moules doivent savoir qu’ils ont probablement consommé environ onze mille fragments de plastique lors de l’année écoulée.  Des analyses en Belgique et en suisse [ii] ont montré la présence en moyenne d’un micro-plastique par gramme de chair de moules ! En Indonésie comme en Californie, sur les étals de marchés, 25% des poissons contiennent du plastique ou des fibres synthétiques dans leur estomac !

Alors que l’humanité a transformé les espaces océaniques et marins en vastes dépotoirs, voilà donc  nos détritus qui reviennent dans nos assiettes, à nos risques et périls. Si on a estimé l’impact des déchets sur la faune marine, on peine encore à mesurer les conséquences de cette pollution sur la santé humaine.

En revanche son coût économique se fait déjà sentir, en Algérie par exemple, les pécheurs peuvent ramener 40% de déchets solides dans leurs filets, (voir Le rapport)  qu’ils rejettent à nouveau en mer : quelle perte d’énergie et de temps de travail ! Une vidéo tournée à bord d’un navire de pêche en Méditerranée au printemps 2015 illustre de manière crue le sort de ces pêcheurs qui deviennent par la force des choses des éboueurs des mers.

Enfin c’est toute l’industrie du tourisme balnéaire qui est menacée à terme par cette invasion de déchets.

Le constat est accablant mais des solutions existent : changer la loi européenne sur les déchets est une première étape.
Suite à notre première pétition sur la pollution par les déchets plastiques en Méditerranée, l’Union Européenne a adopté  des directives imposant aux États membres de réduire l’utilisation de sacs plastiques avec pour objectif la réduction des sacs à usage unique de 50% d’ici 2017 puis 80% d’ici 2019.

Plusieurs pays de l’UE ont des déjà pris des mesures dans ce sens et en France, des lois sont en cours pour l’interdiction des sacs plastiques et des sacs Oxos fragmentables à partir de 2016.

Mais les sacs plastiques ne sont pas les seuls déchets à polluer les mers et les océans, aujourd’hui, nombre de produits du quotidien se transforment en arme meurtrière en mer. L’Homme est en train de transformer les espaces océaniques en de vastes décharges à l’image de ces « continents de déchets plastiques » que l’on trouve désormais dans chaque océan.

Une initiative citoyenne européenne pour une règlementation ambitieuse  sur la production des déchets plastiques

Fidèle à sa logique participative, Expédition MED appelle les citoyens de l’Union Européenne à s’engager à ses côtés afin de faire évoluer la législation européenne. Pour cela elle a recours à l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE)*, un outil de démocratie participative mis à disposition par l’UE afin que les citoyens participent à l’élaboration de projets de loi sur des  sujets  sociétaux.

L’Europe est déjà dotée d’une directive sur les déchets mais elle ne traite pas précisément des déchets plastiques. Nous souhaitons donc l’élaboration d’une réglementation nouvelle et ambitieuse et proposons quatorze mesures (voir annexe) afin de prévenir à la source la production de déchets plastiques et favoriser leur recyclage pour éviter leur rejet en mer.

Pour cela nous devons récolter les signatures d’un million de citoyens de l’Union Européenne en l’espace d’un an via cette plateforme : https://ec.europa.eu/citizens-initiative/REQ-ECI-2015-000003/public/index.do

[i] Source: Agence Européenne pour l’Environnement – N. Wallace, 1985

[ii] http://www.expeditionmed.eu/fr/wp-content/uploads/2015/02/Van-Cauwenberghe-2014-microplastics-in-cultured-shellfish1.pdf

Expédition MED déchets plastique en mer2