Pollution marine par les hydrocarbures

15 avril 2010 par admin

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Les mers du monde sont de plus en plus touchées par des pollutions de toute nature. Notre planète asphyxiée par autant de maux nous délivre son dernier message …
Elle est malade de nos déchets, elle ne peut plus absorber toutes ces matières plastiques, ces hydrocarbures, ces métaux lourds, ces eaux usées … Comment ne pas hurler, lorsque devant nos écrans, des oiseaux marins agonisent en direct … raz le bol de ces images … nous ne pouvons plus tolérer autant d’indifférence face à l’ampleur des dégâts causés par ces drames écologiques ! Notre devoir majeur est d’offrir à nos enfants, nos petit-enfants une mer bleue, sans nappes de pétrole, sans oiseaux mazoutés … car ils ont, eux aussi, le droit de connaître les beautés de notre Terre … Après la catastrophe de l’Erika, on croyait que le cauchemar de la marée noire ne recommencerait plus et que bien entendu les pouvoirs publics allaient enfin réagir et mettre en place des moyens concrets au niveau juridique pour réprimer les vrais coupables ! Le naufrage du Prestige nous démontre le contraire …

Naufrage du Prestige: une catastrophe écologique qui aurait pu être éviter

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Le mercredi 13 novembre 2002 à 14h50, le pétrolier Prestige, battant pavillon des Bahamas, émet un MayDay au large du Cap Finistère (Galice, Espagne). Il accuse une forte gîte et demande l’évacuation. L’équipage est hélitreuillé … le navire est en avarie machine et dérive au gré des conditions météo-océaniques…

 

Pas moins de 77 000 tonnes de fuel lourd (M100) ont été chargé au terminal de Ventspills, en Lettonie, et peut-être avant à Saint-Pétersbourg. Il se rendait apparemment à Singapour avec escale à Gibraltar. A 17h00, une observation aérienne dépêchée par les autorités espagnoles constate une fuite de pétrole en mer. La prise en charge du navire par la société de sauvetage en mer se met en place ! La prise en remorque réussit le 14 dans la matinée. Le 15 au matin, le pétrolier a été remorqué à 60 nautiques de côtes espagnoles. Il a une déchirure de 35 mètres de long sur le flanc droit. Le 16, le pétrolier est à 50 milles du Cap Torinana et la déchirure mesure 53 mètres à présent ! Le 19 novembre, le Prestige se casse en 2 à 130 nautiques des côtes du Cap Finistère. La partie arrière coule par 3 500 mètres de profondeur ! Les nappes de pétrole arrivent massivement sur les côtes espagnoles. Les moyens de détection aérienne coordonnent la lutte à terre avec des militaires et autres bénévoles. Au 30 novembre, on estime à 3 700 tonnes la quantité globale de déchets récupérés dont 1 200 tonnes de déchets solides récupérés à terre ! Les plages de Galice vomissent ce pétrole lourd et la population espagnole est choquée par l’ampleur de cette catastrophe écologique. En France, on craint le pire et les organismes de sauvetage et d’intervention pour lutter contre les marées noires demeurent très vigilants et attentionnés sur l’évolution progressive des nappes de pétrole. Le CEDRE (Centre de Documentation de Recherche et d’Expérimentation sur les Pollutions Accidentelles des Eaux) s’est fortement impliqué dans la gestion et la mise en place des secours à terre, en produisant une note de synthèse journalière complétée d’une carte de prévision de dérive, en association avec Météo France et la Marine nationale.

Le Prestige était enregistré sous « Pavillon de Complaisance des Bahamas » : l’insécurité de navires souvent trop vieux et l’exploitation de la misère des marins du tiers-monde constituent le scandale majeur des PDC

Un navire de complaisance est un navire qui arbore le pavillon d’un pays autre que celui du pays de propriété. Plusieurs éléments peuvent encourager un armateur à « passer » à un autre pavillon (frais d’immatriculation réduits, peu voire pas d’impôts, et liberté totale d’employer une main-d’œuvre bon marché …). L’ITF (Fédération Internationale des ouvriers du Transport), estime qu’il serait nécessaire d’établir un « lien véritable » entre le propriétaire réel d’un navire et le pavillon arboré par le navire.

Dès que son navire bat pavillon de complaisance, l’armateur peut recruter l’équipage le moins cher possible, payer des salaires de misère et réduire ses coûts en abaissant les conditions de vie et de travail de l’équipage ! Les gens de mer employés sur ces navires se voient privés de leurs droits humains et syndicaux fondamentaux dans la mesure où les registres de complaisance n’appliquent pas les normes sociales minima. Il faut savoir qu’il existe 27 pays déclarés comme pavillons de complaisance (Bahamas, Bermudes, Chypre, Gibraltar, Libéria, Malte, Panama, Sri Lanka …).

D’autre part peu enclins à respecter les règles de sécurité, de nombreux navires battant pavillon de complaisance sont plus âgés que la moyenne de la flotte mondiale. Les sinistres sont beaucoup plus nombreux chez les navires battant PDC (Pavillon De Complaisance).

Depuis plus de cinquante ans, la campagne contre les PDC essaie d’éliminer les systèmes des PDC pour un meilleur lien entre l’armateur et le lieu de propriété du navire, l’amélioration des conditions d’emploi des marins à bord des PDC, le renforcement des syndicats … Les résultats escomptés se font attendre… .

Le Prestige était enregistré, sous pavillon de complaisance des Bahamas, qui prétend pouvoir attirer les armateurs de tous les pays grâce à « un climat favorable aux affaires, des services financiers de classe mondiale et une défiscalisation complète des revenus de l’activité des navires ainsi qu’une absence totale de taxe sur les opérations d’armement ».Le Prestige est la propriété d’une société du Libéria, « Mare International » et les lois de ce pays ne permettent pas de connaître avec certitude l’identité de l’actionnaire de Mare. La nécessité qu’un régime de responsabilité illimité soit adopté est nécessaire voire primordial. C’est le seul moyen d’engager sérieusement et conjointement l’affréteur et les propriétaires du navire et de la cargaison de matières dangereuses. Les Etats-Unis ont mis en place ce système de responsabilité illimitée depuis 1990 (catastrophe de l’Exxon Valdez en Alaska), et depuis ils n’ont plus connu de problème majeur de pollution ! D’autre part ce régime suppose que tout navire navigant à proximité des côtes européennes fasse état d’un certificat d’assurance couvrant à la fois le navire et sa cargaison. Et on peut penser qu’aucun assureur n’accepterait d’assurer un navire-poubelle !!!

Les oiseaux victimes du Prestige !

Parmi les espèces les plus touchées se trouvent les guillemots de Troil, les fous de Bassan, les macareux moines, les mouettes tridactyles et les grands labbes. Les oiseaux vivant sur nos côtes payent le prix fort (marée noire + déballastages sauvages) !

Si vous habitez à proximité des plages souillées par le Prestige et que vous observez des oiseaux blessés ou mazoutés n’hésitez pas à appeler les services compétents : 08 20 20 21 49 ou la LPO : 05 46 82 12 34

Impacts sur les cétacés

Les expériences antérieures (Amoco Caziz, Exxon Valdez, Erika) montrent que les cétacés sont nettement moins vulnérables aux marées noires que les oiseaux de mer ou les mammifères marins qui fréquentent la bande littorale comme les phoques ou les loutres. Les raisons exactes de cette moindre vulnérabilité ne sont pas clairement connues. Parmi celles qui sont le plus souvent invoquées, on peut citer : la capacité de détection des nappes et d’évitement ; la fréquentation moins importante de l’interface eau-air ; l’absence de poil et plume qui les rendraient plus exposés à l’engluement ; l’isolation thermique reposant sur la présence du lard sous-cutané au lieu de l’air piégé par les plumes des oiseaux ou le pelage des loutres.