Caulerpa Taxifolia

15 juillet 2009 par admin

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Introduction

Appelée algue tueuse, peste verte, fleur du mal, serpent des mers, Alien des mers, algue fatale, assassine, ravageuse, cancer ou sida des mers…
j’en passe et des meilleures, Caulerpa taxifolia; c’est d’elle dont il s’agit, n’arrête pas de défrayer la chronique depuis sa découverte en 1984, au pied du rocher la Principauté de Monaco.

De l’anonymat le plus complet, elle est passée au statut d’algue la plus étudiée au monde. On compte à ce jour plus 400 de publications scientifiques, faites par 30 organismes de recherche espagnols, français, italiens, croates, suisses, américains et japonais.

Plus de 200 chercheurs participent au suivi de son expansion et à l’étude sur les conséquences du phénomène biologique représente son évolution.

Historique

Caulerpa taxifolia est une très belle algue tropicale, connue du monde entier mais toujours très rare.

Les qualités d’une souche exceptionnelle sont pour la première fois découvertes dans un aquarium public de Stuttgart vers 1969.

On retrouve sa trace à l’aquarium public tropical de Nancy au début des années 80, et c’est vers 1983 que le musée océanographique de Monaco reçoit de Nancy quelques échantillons de l’algue dont la culture est alors entreprise dans ses aquariums.

Jusque là pas de problème, rien de plus normal que d’utiliser une très belle algue vert fluo, pour enrichir les aquariums me direz vous !

Mais voilà, un an après en 1984, cette algue est observée en mer, au pied du musée de Monaco et bien vivante. C’est le fait qu’elle continue à vivre et à se développer en mer Méditerranée qui alerte certains chercheurs, spécialistes des algues, tel que le Pr Meinesz de l’Université de Nice-Sophia Antipolis.

En effet, cette algue d’origine tropicale n’aurait jamais dû survivre en Méditerranée.

Dès lors, on pouvait être alerté sur la dissémination de cette algue naturalisée.

Les experts connaissent très bien quelles sont les causes de la réduction de la biodiversité dans les mers, ce ne sont pas les marées noires qui sont spectaculaires mais rapidement réversibles, ni les énormes déversements de métaux lourds et autres organochlorés, mais en premier lieu la destruction de l’habitat par toutes les constructions en littoral (ports, marinas, etc…) qui est, elle, définitive; et en second ce sont les espèces invasives, dont fait partie Caulerpa taxifolia.

Les espèces invasives

L’histoire nous a déjà montré qu’il ne fallait pas jouer avec la nature, l’introduction de
Caulerpa Taxifolia n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Tout le monde a entendu parler du célèbre phyloxera, ce puceron américain apparu vers 1860 dans la région d’Avignon. Dès 1888, tout le vignoble français était malade. Des dizaines de milliers de paysans se retrouvèrent sur la paille. Cela a été la plus grande catastrophe agricole française. A cette époque, on n’était pas conscient des risques que pouvait représenter le transport de végétaux et d’animaux d’un continent à l’autre et c’est cette catastrophe qui à mis la «puce» à l’oreille aux agronomes de l’époque. De nos jours, nous n’en avons apparemment pas tiré de leçon.

En France, sur les 50 000 insectes recensés, 2500 sont d’origine étrangère et environ 150 sont d’impitoyables ravageurs de plantes cultivées (la peste des arbres fruitiers, le tigre du platane, le charançon, la cochenille, etc..).

Des silures de 60 Kg (pouvant atteindre 400 kg) en provenance du Danube sèment la panique dans tous les grands fleuves français en mangeant poissons, grenouilles, canards, rats musqués, etc.

Les minuscules tortues de Floride (pourtant interdites) que l’on offre aux enfants pèsent à l’âge adulte 3 kg et sont rejetées dans les lacs et rivières, créant de nombreuses perturbations dans l’écosystème et entrant aussi en concurrence avec la Cistude d’origine qui est maintenant en voie de disparition. En Camargue, une vingtaine de mauvaises herbes étrangères pullulent dans les rizières, parmi elles une jacinthe d’eau, dont l’éradication coûte 30 euros l’hectare.

Je ne parlerai pas de la moule zébrée qui envahit certains lacs et encore moins du mollusque testacé Credipula fornicata avec son impact catastrophique sur les huîtres en Bretagne.

Pour la petite histoire, le poisson chat s’échappa d’un aquarium du Muséum de Paris par les égouts.

Bref, chaque jour, l’homme, en toute inconscience emballe «la roulette écologique» et brise les barrières naturelles.

Le milieu marin est occupé par une multitude d’espèces, qui vivent dans un équilibre tel qu’aucune ne peut s’approprier le milieu. Quelquefois pourtant., il y a rupture : une espèce prolifère au détriment des autres. Et là, on est désarmé : les modèles mathématiques en écologie permettent rarement de prévoir les proliférations.

Ce qui est grave, c’est quand cette espèce est introduite par l’homme volontairement ou involontairement, ce qui est le cas de Caulerpa taxifolia.

Distribution et impact sur les activités humaines

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Depuis son introduction en 1984, plus de 10 000 hectares sont concernés par Caulerpa taxifolia sur plus de 100 zones répertoriées dans 6 pays (France, Monaco, Italie, Croatie, Tunisie, Espagne) représentant plus de 100 km de côte.

Elle s’étend du bord jusqu’à des profondeurs de 100 m dans certains endroits !

Depuis juin 2000, les États-Unis sont concernés, car l’algue vient d’être trouvée à San-Diego et Los Angeles alors qu’elle était inconnue de toutes les côtes du Pacifique des Amériques. Se présentant comme une moquette végétale (photo 1), son extension se poursuit d’année en année inexorablement. Elle entre en concurrence avec la plupart des autres algues et pénètre les herbiers de Posidonies et de Cymodocées. La faune subit également de profonds changements, en particulier celle fixée (gorgones, éponges, coraux) ou peu mobile (oursins). Peu ou pas mangée par les poissons et les invertébrés (car elle contient des substances toxiques) cette nouvelle végétation dominante ne constitue pas une nourriture de remplacement ce qui aggrave son impact écologique.

Dans les zones les plus anciennes, on observe une diminution de l’abondance de certains poissons (observatoire sur l’expansion de la Caulerpa taxifolia en Méditerranée).

Des répercussions sur l’économie et les activités humaines sont ponctuellement et de plus en plus constatées ; certains clubs de plongée, sur les endroits les plus atteints sont obligés de changer de site, car il y a de moins en moins de biodiversité à observer.

La côte d’azur étant un centre mondial pour le tourisme balnéaire, cela peut avoir un impact non négligeable à très brève échéance.

Ce sont les pêcheurs professionnels qui sont les plus handicapés, par mer agitée, les filets se remplissent de Caulerpa taxifolia empêchant toute prise de poissons, sans parler du nettoyage des filets. Certains pêcheurs demandent même des subventions pour palier au manque à gagner ou pour doubler les filets.

La polémique

Je ne m’étendrai pas trop sur ce chapitre, mais il est bon de constater que s’il y a eu polémique, c’est en partie par la faute des médias qui n’ont pas toujours fait la part des choses, il est vrai que la vente de papiers est souvent passée avant la recherche de la vérité.

Soyons clair, personne n’a accusé quiconque d’avoir introduit l’algue volontairement, par contre, il est regrettable que certains chercheurs de Monaco aient déclenché une vive polémique en refusant de reconnaître que l’algue puisse provenir de leur laboratoire.

Cependant les médias avides de vendre du papier se sont jetés sur cette aubaine médiatique et tout cela contre les avis scientifiques présentés à ce jour (Université de Nice-Sophia Antipolis, Université de Marseille, IFREMER, etc).

On a vu plus haut que plus de 400 publications avaient vu le jour, réalisées par plus de 200 chercheurs, et tous arrivent aux mêmes conclusions : Caulerpa taxifolia pose un problème écologique qui peut devenir majeur dans un très court terme, le reste c’est du pipeau.

Calerpa taxifolia et ses cousines

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Caulerpa prolifera

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Caulerpa scalpelliformis

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Caulerpa mexicana

Caulerpa racemosa
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Caulerpa racemosa devenue envahissante depuis 1990 à été localisée pour la 1ère fois dans les années 20 en Tunisie. La récente prolifération d’une nouvelle variété qui a été introduite semble aussi présenter un danger pour les écosystèmes littoraux. Onze pays sont actuellement touchés par son «invasion». Elle a, au contraire de C. taxifolia, une reproduction sexuelle et se répand beaucoup plus vite, donc on risque dans des délais très court, entendre aussi parler d’elle.

Pourquoi prolifère-t-elle ?

Théoriquement, cette algue, d’origine exotique, ne devrait pas pouvoir survivre en Méditerranée, alors que se passe t-il ? Certains ont parlé de mutation, d’autres de manipulation génétique volontaire, ce qui n’a jamais pu être démontré.

La seule hypothèse est que cette algue soit issue d’une souche géante résistante à la température qui a été sélectionnée pour la culture en aquarium.

Les Preuves :

«Deux études sur la génétique de l’algue publiées en octobre 1998 ont mis un terme à cette polémique. La première réalisée par des chercheurs Suisses conclut à des «similarités étonnantes» entre les séquences d’ADN de Caulerpa taxifolia prélevée dans les aquariums où elle est apparue la première fois (Stuttgart et Nancy), et celle d’échantillons provenant de Méditerranée. Elle montre que C. mexicana et C.taxifolia n’ont pas la même carte d’identité génétique. Exit la théorie de la métamorphose défendue par les chercheurs Monégasques à l’Académie des sciences.

Une autre étude, hollandaise cette fois-ci, confirme les différences très nettes entre Caulerpa mexicana et Caulerpa taxifolia. Tout cela expliquant le fait qu’elle ne se comporte pas comme les Caulerpa taxifolia d’origine tropicale.

«Elle possède un ensemble de caractéristiques exceptionnelles (résistance au froid, gigantisme, vigueur, densité, dominance…) encore jamais observées chez les populations tropicales de cette espèce, ni chez aucune autre algue en Méditerranée. Les études de génétique citées ci dessus montrent que les colonies indépendantes qui se développent en Méditerranée seraient identiques à la souche cultivée depuis 1970 dans les divers aquariums publics européens. La souche d’aquarium et celle qui se développe en Méditerranée ne représentent qu’un seul et même individu qui se dissémine par bouturage.

«Tous les substrats stables (roche, sable, vase, herbiers de Posidonies…) peuvent être colonisés. Tous les fonds, surtout de 3 à 40 m peuvent être envahis. En densité plus faible, elle a même été observée, fixée et bien vivante, jusqu’à -99m. Cette algue est présente dans les eaux de bonne qualité comme dans les ports pollués, devant des caps rocheux battus par les vagues comme dans les baies abritées.»
Si vous connaissez ou découvrez d’autres zones atteintes par Caulerpa taxifolia, il est très important de prévenir l’Observatoire au plus vite : 04 92 07 68 46
Informations à indiquer à l’Observatoire :

> lieu précis (repères à terre, coordonnées GPS,…)
> profondeur de l’observation
> substrat (sable, roche, herbier de Posidonies,…) sur lequel se développe l’algue
> surface approximative occupée
> vos noms et coordonnées (pour d’éventuelles précisions et envoi de documentation).

Méthodes d’éradication mécaniques et chimiques

De nombreuses méthodes d’éradication ont vu le jour, je ne citerai que les principales.

Méthode 1

Consiste à poser des bâches plastiques noires sur l’algue pour arrêter la photosynthèse, il faudrait les laisser plusieurs mois pour être efficaces

Méthode 2

Consiste à recouvrir l’algue de sel. Les essais ne sont pas concluant et on peut poser la question, comment faire sur un tombant à -50 ou -100 m

Méthode 3

Consiste à recouvrir l’algue avec une bâche imbibée de sulfate de cuivre. Quel est l’impact du cuivre dans la mer ?

Méthode 4

Plus sophistiquée, consiste à détruire l’algue par électrolyse à l’aide d’un chariot spécialement construit à cet effet (système CEV). La méthode est concluante sur très petites surfaces.

Méthode 5

Radicale, a vu le jour aux États-Unis, elle consiste à injecter du chlore sous des bâches plastiques tendues sur les champs de Caulerpa, 2500m2 ont ainsi été détruits en Californie. Le chlore ayant un effet chimique très court, détruit toute la biodiversité benthique qui revient peu à peu dans des délais raisonnables.

Méthode 6

Reste la suceuse d’algues qui aspire tout, les ultras-sons, le chalumeau, la pompe à eau.
Méthodes qui n’ont jamais marché qu’en laboratoire.

On comprend que toutes ces méthodes, mécaniques ou chimiques, n’ont qu’un impact très limité et ne peuvent donc être utilisées que sur de petites surfaces, voire de nouvelles colonies, là où de toute façon l’arrachage manuel aura la même efficacité.

En conclusion, la situation nous prouve qu’on ne pourra jamais tout éradiquer, seul doit-être pris en compte le contrôle des nouvelles colonies.

Méthodes d’éradication biologique ou le miracle viendra-t-il des mollusques ?

Depuis de nombreuses années, une méthode biologique alternative est étudiée par le Pr. Meinesz de l’Université de Nice-Sophia Antipolis. En effet, des mollusques de l’ordre des Saccoglosses sont soit élevés en aquarium, soit étudiés in situ dans le but de détruire voire de réduire la biomasse de Caulerpa taxifolia.

Des vampires sous la mer

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La première espèce est

Elysia subornata (photo 8). Une limace exotique, originaire de la Martinique. Elle suce le cytoplasme de l’algue sans toucher aux autres espèces (photo 10). Elle a une reproduction benthique donc elle ne se disperse pas. Malheureusement, elle ne résiste pas en dessous de 15°C et elle n’aurait que 5 mois d’activité en Méditerranée, ce qui n’est pas suffisant.

Sous le pied, la bouche

Pas d’os. Pas de squelette mais une coquille. Une bouche sous leur unique pied. Camouflées parmi les algues. Protégées par un arsenal d’armes chimiques volées sur leurs victimes qu’elles ont vidées de leur sève, Oxynoe et Logiber sont à l’affût, cachées au cœur de nos forêts sous-marines, telles se présentent nos deux espèces autochtones de Méditerranée. Ces mollusques se déplacent sur un pied qui contient tout leur système digestif. Ce sont donc des gastéropodes. Ils possèdent des branchies situées en arrière du cœur, (Opisthobranches), ainsi qu’une langue dans le sac qui les classent dans l’ordre des Saccoglosses. Si on dénombre environ 330 espèces d’Opisthobranches méditerranéennes, seulement trois vivent parmi les prairies d’algues de caulerpes Lobiger serraclifalci, Oxynoe olivacea, et Ascobulla fragilis, cette dernière étant très rare car elle vit dans le sédiment (dépôt de matière au fond de la mer).

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Tenue de camouflage

Avant l’arrivée en Méditerranée de l’algue Caulerpa taxifolia, Oxynoe et Lobiger ne vivaient que dans les prairies de Caulerpa prolifera, communes dans notre mer. Depuis quelques années, on les rencontre le plus souvent parmi les frondes («feuilles») de Caulerpa taxifolia dont elles se nourrissent. Elles semblent s’être très bien adaptées à leur nouvelle source de nourriture. Cependant, même si le développement de Caulerpa taxifolia est exponentiel, ces espèces restent toutefois difficiles à observer du fait de leur homochromie avec les caulerpes (couleur proche de celle de l’algue) et de leur taille qui n’atteint pas 5 cm.

Suceurs de sève

Une relation très étroite, lie Oxynoe et Lobiger à leur nourriture : c’est le fruit d’une longue co-évolution entre ces limaces et la caulerpe et qui s’exprime par une très forte restriction de leur régime alimentaire. Ces limaces sont herbivores mais pratiquent «le vampirisme». En effet, à cause de leur «dentition» très particulière (la radula), elles ne croquent pas les algues mais les percent et en aspirent le contenu cellulaire, d’où leur surnom de «suceurs de sève». Par conséquent, nos deux compères ne peuvent se nourrir que d’algues coenocitiques, c’est à dire ne possédant pas de paroi cellulaire interne. Ces algues peuvent être comparées à un tuyau où circule librement, du bout des frondes jusqu’aux rhizoïdes (tiges et racines), le contenu cellulaire.

Entre animal et végétal

Certaines de ces limaces sont capables de stocker les chloroplastes fonctionnels (cellules permettant la photosynthèse) des caulerpes pour leur permettre de supporter des périodes de jeûne. Ainsi, comme des plantes, mais périodiquement, ces limaces se nourrissent des produits de la photosynthèse des chloroplastes.

Mâle et femelle à la fois

Elles sont hermaphrodites et la reproduction est sexuée et croisée, c’est à dire qu’il faut être deux pour faire la chose. Mais, l’originalité de nos deux limaces réside dans le fait qu’elles sont capables de stocker les spermatozoïdes de leur partenaire dans une poche (la spermathéque). La limace peut ainsi assurer sa descendance de façon régulière (au moins une fois par semaine) sans avoir besoin de nouveaux rapports sexuels. Après avoir déposé ses pontes de forme plus ou moins régulière (photos 3, 4, 5) sur les frondes de caulerpes, des milliers de larves planctoniques naissent au bout de quelques jours et se dispersent au gré des courants pour, peut être, donner le jour à des mollusques testacés c’ est à dire avec une coquille.

Un arsenal chimique

Oxynoe et Lobiger ont développé des moyens de défense assez sophistiqués. Elles stockent les toxines des caulerpes et les réutilisent contre leurs prédateurs lors d’une agression par un poisson ou tout autre animal, elles lâchent un nuage blanc laiteux très toxique. Dans un souci de perfection de leur système de défense, elles peuvent également se séparer de leur queue ou de leurs lobes (excroissances en forme d’ailes). Le prédateur étant occupé avec ce bout de limace remuant, les mollusques ont le temps de fuir.

Des mollusques d’avenir

Oxynoe et Lobiger pouffaient servir d’agent de contrôle de Caulerpa taxifolia. Elles présentent cependant au contraire d’Elysia subornata, un inconvénient lié à leur mode de développement larvaire pélagique dont le cycle n’est pas maîtrisé. Par ailleurs, leur action in situ sur Caulerpa taxifolia est soumise à l’apport aléatoire de larves lié aux courants. Il se pourrait cependant que, dans des zones fermées comme les ports, Oxynoe et Lobiger aient un impact visible sur cette algue.

(Thierry Thibaut, labo environnement marin littoral de Nice. Publication Méditerranée 2000).

Attente de décisions politiques

En l’absence d’efficacité des méthodes d’éradication mécaniques et chimiques, on constate qu’il ne reste plus que la méthode biologique. Mais elle ne va pas sans poser de nombreux problèmes éthiques, scientifiques et juridiques bien qu’en milieu terrestre, la lutte biologique soit très courante.

Peut-on introduire volontairement une espèce exotique (encore une autre) dans le milieu naturel (Elysia subornata) ou peut-on développer artificiellement des espèces autochtones (Oxynoe olivacea et Lobiger serraclifalci) sans prendre le risque que ses espèces se développent d’une manière exponentielle sans pouvoir les contrôler ?

Seule une décision politique peut intervenir, demandant une étude scientifique d’envergure pour déterminer l’impact d’une telle introduction on Méditerranée. Mais on attendant le financement d’une telle étude (si elle se fait un jour ?), l’algue elle, avance inexorablement sans se soucier de l’état d’âme de nos politiques.

Une proposition de loi a bien été élaborée par quatre groupes politiques différents (RPR, VERTS, PS et PC). Proposition élaborée surtout pour informer les plaisanciers et les professionnels de la mer afin de limiter la propagation de l’algue ; mais impossible de trouver une niche parlementaire, c’est à dire qu’aucun temps de parole n’a été accordé aux différents groupes, le sujet n’étant pas électoralement intéressant.

Que peut faire chacun d’entre nous ?

Les zones colonisées connues sont indiquées, sur les cartes. Plus de 90 % d’entre elles ont été indiquées par de plongeurs, apnéistes, plaisanciers ou pêcheurs. Pour suivre la progression de l’algue et mieux adapter les stratégies de contrôle et de lutte, nous avons toujours besoin de votre aide :

> Plaisanciers, clubs de plongées, inspectez vos ancres, chaînes et cordages, après chaque mouillage.
> Pêcheurs, contrôlez vos filets et chaluts
> Plongeurs, vérifiez vos sacs et matériels, avant chaque plongée. Si vous trouvez un champ d’algue, ne l’arrachez pas, ceci demandant une grande expérience, vous risquez de la disséminer par le biais des courants. L’arrachage manuel est interdit, car la manipulation de l’algue augmente le risque de dissémination.
> Si vous avez remonté des fragments de cette algue, ne les rejetez surtout pas à l’eau. Mettez-les dans un sac et jetez-le tout, dans une poubelle à terre.
> Depuis 1993, des arrêtés ministériels interdisent sa récolte, sa vente et son transport.

Si vous connaissez ou découvrez d’autres zones atteintes par Caulerpa taxifolia, il est très important de prévenir l’Observatoire au plus vite : 04 92 07 68 46
Informations à indiquer à l’Observatoire :

> lieu précis (repères à terre, coordonnées GPS,…)
> profondeur de l’observation
> substrat (sable, roche, herbier de Posidonies,…) sur lequel se développe l’algue
> surface approximative occupée
> vos noms et coordonnées (pour d’éventuelles précisions et envoi de documentation).